Les jeunes peuvent se blesser tout autant que les anciens
La fonderie de cuivre, c'est de l'industrie lourde, avec de sérieux risques à la clé. Pourtant, l'accident surgit souvent là où on l'attend le moins, comme le montre ce récit.
Que s'est-il passé?
Pour comprendre ce qui s'est passé, il faut d'abord savoir comment on procède pour fondre du cuivre. Le matériau destiné à former les blocs de cuivre passe d'abord par un four de fusion (une sorte de tuyau cylindrique où le cuivre est fondu à 1083° C). La matière en fusion s'écoule ensuite dans le moule par un canal de coulée chauffé. L'ouverture de ce moule, qui est inséré dans un puits, se situe au milieu de ce qui est appelé "support de coulée", une plate-forme d'environ 70 cm de haut. Le moule s'adapte aux formes et aux dimensions voulues. Le bas du moule est évidé. On verse le cuivre liquide jusqu'à remplissage complet du moule.
Quand le bloc est prêt, on fait glisser le support de coulée pour le détacher. Le support de coulée est ensuite ramené dans sa position initiale et est prêt pour la coulée de la pièce suivante.
Pour le nettoyage du support de coulée, on utilise notamment un tuyau flexible fixé au mur dans les environs immédiats (image 1). Le travailleur prend le tuyau pour nettoyer et le jette ensuite sur le sol près de la table de coulée. Un renfoncement permettant de monter plus aisément sur la table de coulée est aménagé dans la paroi latérale du support de coulée (image 2). Les travailleurs utilisent cette marche pour monter, mais pour redescendre, ils se contentent de sauter sur le sol (image 3).
Image 1 | Image 2 | Image 3 |
X avait nettoyé le support de coulée avec le tuyau flexible et l'avait jeté sur le sol, une fois sa tâche terminée. Il avait ensuite, comme toujours, sauté du support de coulée. Mais son pied avait atterri sur le tuyau. Résultat: une foulure du pied avec ligaments articulaires distendus. Cette foulure l'avait contraint à porter un plâtre pendant 10 jours, sans bouger, et à se balader ensuite un bon moment avec un appareil. "Ce qui, nous a-t-il assuré, n'a rien de réjouissant".
Qu'aurait-il fallu faire?
Le service de prévention et les chefs d'équipe se sont penchés sur les mesures de prévention qui empêcheraient la répétition d'un accident de ce type. Il n'est cependant pas évident de trouver une solution technique: un marchepied fixe près du panneau de commande ne serait plus utile en cas de déplacement du support de coulée, ce qui se fait parfois. En outre, le garde-corps serait alors trop bas et le travailleur risquerait de tomber dans le puits.
L'autre proposition analysée consiste à fixer le tuyau flexible de telle manière qu'il ne puisse plus être jeté et traîner au sol.
Outre l'aspect purement technique, X met en exergue un autre élément ayant joué un rôle dans cet accident: en tant que jeune travailleur, nouveau dans l'entreprise, il voulait faire ses preuves et s'attaquait au travail avec l'enthousiasme de la jeunesse. Les plus anciens l'avaient déjà exhorté à se calmer quelque peu et à aborder les choses avec plus de précautions. Ils lui avaient raconté comment eux-mêmes, avec l'expérience, s'étaient assagis.
Mais il continuait à courir dans tous les sens, plein d'entrain et d'énergie. Jusqu'à ce qu'une masse de plâtre collée à son pied le contraigne au calme et au repos. Aujourd'hui, il a repris le travail, mais il fait preuve d'une plus grande prudence. "De nombreux jeunes travailleurs ont à cœur de décrocher un contrat permanent ou de passer une bonne période d'essai, mais cela ne veut pas dire que l'on peut prendre des libertés avec la sécurité", souligne X.
Depuis son accident, il conseille à ses jeunes collègues un peu trop enthousiastes de travailler de manière plus posée. En faisant preuve de vigilance, d'attention et de calme, on exécute la tâche tout aussi correctement et d'une manière plus sûre. Comme il l'a appris à ses dépens, les jeunes peuvent se blesser tout autant que les anciens.
Tous nos remerciements au service de prévention et aux travailleurs de Cumerio, à Olen

